Envoyé d’ Oppiliappan Koil par Sri Varadachari Sadagopan

Oppiliappan Koil ou le Temple d’ Oppliappan à Thirunageswaram, est dédié à  Sri Venkatachalapathy Swamy. Situé à 8 Kms à l’est de Kumbakonam, dans le Tamil Nadu, Oppiliappan Koil est un des 108 temples sacrés de Sri Vaishnu.

 

Sri V. Sadagopan est originaire de cette ville où est situé ce temple célèbre et d’une famille qui s’est consacrée aux études védiques. Il a un Doctorat en Sciences Physiques de l’Institut de Technologie du Massachusetts, USA.

Il a suivi d’une manière intensive des cours traditionnels de Veda, Upanishads, Bhagavath Gita, les oeuvres divines d’ Acharya en Tamoul et en Sanscrit ainsi que le Bharata Naatyam et la Musique Classique Indienne.

 

C’est un “Executive” à la retraite du Centre de Recherche d’IBM T.J. Watson et il a fait de nombreux voyages durant  sa carrière chez IBM. Il a aussi été au service du Quartier Général des Nations Unis à New York et en Europe et a passé trois années en affectation avec IBM Europe. Il vit généralement aux USA et s’occupe de trois groupes de e-list : Oppiliappan, Saranagathy et Raama Bhakthi. Il y écrit très fréquemment sur l’Hindouisme et la Philosophie et dans d’autres rubriques semblables.

 

 Gîtârtha Samgraha de Sri Yamuna Acharya

1)          Introduction

2)       L’Essence du Premier Chapitre

3)       L’Essence du Second Chapitre

4)       L’Essence du Troisième Chapitre

5)       L’Essence du quatrième chapitre

6)       Essence du cinquième chapitre

7)       L’Essence du sixième Chapitre

8)       (A suivre)

1)    Introduction


Aujourd’hui, nous commençons l’étude du Tamil Prabhandham de Vedanta Desika intitulé Gîtârtha Sangraham.  Vedanta Desika, disciple de Sri Râmânuja et défenseur de la Philosophie du Vishishta Advaita a écrit ses oeuvres en Sanscrit et en Tamoul.  Le livre que nous allons étudier (Gitârtha Samgraha) est une de ses oeuvres en Tamoul.  Il est aussi appelé Prabandham parce qu’il est considéré comme une des oeuvres importante et essentielle en Tamoul.   

 

A l’origine, Sri Âlavandâr nous a fait don du Sri Sukthi connu sous le nom Sanscrit de "Gitârtha Sangraham ". Il  contient l’essence de l’enseignement que nous a donné le Seigneur Parthasarathy utilisant Arjuna comme justification ou prétexte (Vyâjam) au Kurukshetram.  Sri Krishna est appelé ici Pârthasarathy, parce qu’il est le conducteur du char d’Arjuna.  Kurukshetram est le lieu, prés de Delhi, où la guerre du Maha Bhâratha eut lieu. 

Sri Râmânuja, le fondateur de l’école de Vishishta advaita du Vedanta, a écrit un commentaire en Sanscrit pour le Sri Sukthi (Sri Gîta Bhâshyam) d’Âlavandâr, pour s’assurer que les enseignements qui étaient logés dans le Sri Sukti d’Âlavandâr soient préservés sans distorsions. 

Sri Âlavandâr est un des saints philosophes du Vishishtâdvaita.


Sri Vedanta Desika a suivi les pas de Sri Râmânuja et nous a béni avec son commentaire détaillé sur le Gîta Bhâshyam appelé "Tâthparya Chandrika ".  Vedanta Desika rejeta le commentaire détaillé (viparîtha vyakhyâna) pour la Gîta en appuyant son commentaire sur le commentaire d’Âchârya Râmanuja.  Vedanta Desika alla plus loin et créa un court commentaire sur la Gitârtha Sangraham appelée en Sanscrit Gitârtha Sangraha Raksha .  Enfin, outre sa compassion infinie, Vedanta Desika nous a béni avec le  Tamil Prabhandham appelé Gitârtha Sangraham pour nous permettre de nous familiariser avec la quintessence de la Bhagavad Gîta.  Tous les Pâsurams  en Tamoul du Gitârtha Sangraham sont versifiés en Kattalai Kalitthurai .

 
Il y a dans le Tamil Prabhandham de Vedanta Desika, deux versets (Taniyans) qui donnent une bénédiction.  Un est composé en vers nerisai vennpâ et l’autre est composé en vers plus courts Kural Vennpâ.  Les différents vers mentionnés sont les formes poétiques utilisées par Sri Vedanta Desika.  Chaque style est réglé sur une mélodie, une mesure de temps et un rythme de récitation correspondant, tous les trois étant en harmonie avec le contenu du poème.

 

 

Taniyan 1:

katta porul virittha kâsiniyil nânn marayin

ittap-porul iyampum inn porulaic-chittar thozhum

Vedântha Desikanai mevuvâr tangal Thirup-

paadhâmbhuyam adiyen parru


Signification: Les pieds de lotus de Sri Vedânta Desikan, qui sont adorés avec Dévotion par les pieux étudiants sont mon refuge. Il est précieux pour nous au travers de l’expérience (Anubhava) de ses Sri Sukthis. Il nous a donné, pour les habitants de ce monde, les sens cachés des passages difficiles des Quatre Veda au travers ses poèmes divins (Divya Sukthis). 

Taniyan 2:

Gîtha mozhintharulum Vedântha Desikanar
paadhâra vinthamalar parru

Signification: les pieds de lotus de Sri Vedânta Desikan qui nous a béni avec le prabhandham divin de Gitârtha Sangraham (l’essence de la Bhagavad Gîta) sont notre refuge à tous. 

 Introduction  Générale

Au travers du Charama Shloka, Bhagavân (le Seigneur) nous donne un enseignement  (upadesham) en utilisant  Arjuna comme une excuse ou un prétexte (Vyâjam).  Ce charama Shloka contenant la méthode pour observer un abandon total à Dieu (Prapatthi) est facile à pratiquer afin de gagner le fruit de la Libération (Moksha Phalan).  Le principe du Refuge total en Dieu (Sharanâgathi Shastram) est logé dans le Charama Shloka de la Bhagavad Gîta, qui est l’essence des Upanishads.  La Gîta nous fut donné directement des lèvres du Seigneur Krishna Lui Même pour notre perfectionnement.  Tous nos anciens Maîtres (Purvâchârya) nous ont ainsi aidés à saisir par leurs commentaires compréhensibles le sens véritable de la Gîta.  Sri Âlavandâr fut le premier parmi les anciens maîtres à ouvrir nos yeux spirituels avec son Sri Sukthi du Gitârtha Sangraham.  Par son intellect aigu, Sri Âlavandâr a capturé  l’essence de Gîta Shastram en 32 poèmes (Shloka) et a ouvert les portes à d’autres Maîtres Vaishnavite (Âchâryas) pour réfléchir sur la plus importante science divine (Bhagavad Shastram). 

Vedanta Desika avec son génie superbe a capturé l’essence des 32 versets Sanscrit (Shloka) de Sri Âlavandâr en 21 versets en Tamoul (Pâsurams) transposant aussi le bénéfice de la récitation de ces versets (Phala shruthi).


Il y a 18 chapitres dans Srimad Bhagavad Gîta.  Nos Maîtres anciens ont divisé ces 18 chapitres en trois sous-groupes de six chapitres (Shathakams).  Le premier groupe de six traite du Karma et du Jnâna Yoga.  Le deuxième groupe de six chapitres couvre le Bhakti Yoga.  La première moitié du troisième groupe de six chapitres traite des formes (Svarupams) et de la  nature (Svabhâvam) de l’âme incarnée (Chethana), la matière (Achethanam) et le monde crée  (Prapancham) résultant de leur union ainsi que la vraie nature du Seigneur Suprême (Sarweshvaran).  La seconde moitié du troisième groupe de six chapitres (Shathakam) couvre les  voies pour observer Karma, Jnâna, Bhakti Yoga ainsi que la dépendance de Shâstra pour une âme incarnée (Chethana) comme Arjuna pour comprendre clairement que Sriman Nârâyanan est le Brahman Suprême  (Para Brahmam) qui est célébré dans le Vedanta.

 
Le résumé de Sri Âlavandâr sur la signification de ce qui précède pour la totalité de la Gîta Shastram a pris la forme du premier verset (Shloka):

Svadhârama-Jnâna -VairAgya saadhya-bhakthyEka gOchara:
Nârâyana : Param Brahma GîtasAsthrE Sameeritha:

Le  Premier Pâsuram du Gîtârtha Sangraham de Vedanta Desika est un merveilleux écho du résumé de Sri Âlavandâr. 

L’Essence de la Pensée de la Science de la Githa (Gîta Shâsthram)
******************************************************
karumamum Jnâmum kondu yezhum kâthalukku ohr ilakku yenru
aru marai ucchiyul aadharitthu othum arum biramam
Thirumahalodu varum Thirumai yenru Thânn uraitthân
dharumam uhantha Dhananjayanukkavan Saaratiye (1)

Signification: Après l’anushtânam du Karma Yoga pour contrôler son mental, Jnâna Yoga doit être pratiquer en vue de l’obtention de visions directes de l’Ame (Âthma Sâkshâthkâram) afin de paver le chemin en vue de l’application des principes (anushtânam) de Bhakti Yoga.  L’assemblée entière du Vedanta déclare que la cible du Bhakti Yoga est le Parabrahmam célébré en tant que Sriman Nârâyanan.  Pour Arjuna enraciné dans le Dharma, Kannan (manière familière de s’adresser à Sri Krishna) révèle qu’Il est en effet ce Parabrahmam. 

Dans ce Pâsuram, la progression de Karma, Jnâna, Bhakti Yoga à laquelle Sri Âlavandâr se réfère est couverte par les références suivantes:

1. Karumamum Jnânamum kondu  = basé sur Karma et Jnâna Yoga qui sont contenus dans le Premier Shathakam (Chapitres 1 à 6 de la Bhagavad Githa).

2. yezhum Kaathalukku  = Bhakti Yoga, le sujet du second Shathakam est développé là. (Chapitres 7 à 12 de la Bhagavad Githa).


3. arum Brahmam = Le Brahmam, qui est distinctement différent des catégories (varigams) Chethana et Achethana (varigams) est le sujet de la première moitié du troisième Shathakam. Ce Brahmam est Celui célébré dans les Upanishads (aru Marai ucchiyul aadaritthu odhum arum Brahmam).  Ce Brahmam est Sriman Nârâyanan apparaissant avec la Déesse Maha Lakshmi (Thirumahalodu varum Thirumai).

4. Dharumam uhantha = Comment être lié avec le Shâstra est caché ici.  Ceci couvre la deuxième moitié du troisième Shathakam. (Chapitres 13 à 18 de la Bhagavad Githa)

5.  A  Arjuna (Dhananjayan) enraciné dans la droiture ou  Dharmam (dharumam uhantha Dhananjayan), Le Seigneur  Pârthasârathy a  révélé que Sriman Nârâyanan n’est autre que Lui Même (arum Biramam ThirumahaLODu varum ThirumAl yenRu ThAnn uraitthAn). 

6. 
Le Seigneur a révélé qu’il est en vérité le lakshyam (gochara:) du Bhakti Yoga (yezhum kaathalukku ohr ilakku yenru uraitthân).

2)    L’Essence du Premier Chapitre

uhavai adaintha uRavuDayar poraluRRa annAL
tahavudan anbu karai puraLa dharumatthu aLavil
miha uLam anji vizhunthu adi sErntha VisayanukkOr
nahayudan uNmai uraikka amainthanan NaaraNanE---(2)

Signification: Arjuna voit ses chers parents comme Bhîma, ses Maîtres (âchâryas) comme Drôna  rassemblés en face de lui sur le point d’engager une bataille avec lui. L’amour et la compassion (Daya) d’Arjuna pour eux le submergent bien qu’il n’ait aucune aptitude pour cette démonstration d’affection.  En conséquence, Arjuna conclu que la guerre juste avec eux convenant à son statut de Kshathriya  est injuste (Adharma).  Il est alors accablé de faiblesse.   Il jette à terre son arc et ses flèches et s’assoit abattu au pied de son char.  Ensuite, Arjuna en appelle au Seigneur, son cocher pour qu’il lui montre la voie juste. Avec un sourire sur Son visage, le Seigneur Pârthasârathy (Sri Krishna) commence Son enseignement (upadesham) pour Arjuna sur la vraie nature de l’âme incarnée (Svarupams of Jîvâthma), de l’Ame Suprême ou Dieu (Paramâthma), les façons d’approcher Dieu (Paramâthma) et les significations ésotériques en rapport avec le  Vedânta.  Les enseignements du Seigneur sont comme un nectar pour Arjuna et faciles à comprendre.

Le résumé de Sri Âlavandâr pour le Premier Chapitre avait cette forme ;


asthâna sneha Kaarunya Dharmâdharmadhiyâ-aakulam
Paârtham prapannam uddhisya Shâstrâvathârâm  krutham (5th Shloka).

Arjuna arrive sur le champ de bataille avec le Seigneur comme cocher.  Il demande au Seigneur de conduire le char au milieu des armées rassemblées pour combattre de façon à ce qu’il puisse voir les deux armées. Le Seigneur manoeuvre et positionne le char de façon stratégique pour qu’Arjuna ait une bonne vue de l’ensemble. 

Alors que Arjuna regarde il voit ses parents, ses Maîtres (Âchâryas) et autres hommes de la même famille impatients d’engager la bataille avec lui, ses membres s’affaiblissent, sa bouche s’assèche et il est pris de tremblements.  Son esprit commence à chanceler à la pensée de tuer les homes de sa famille, ses Maîtres (Âchâryas) et autres êtres chers dans la bataille qui va suivre.  Il dit au Seigneur, Son Cocher, qu’une telle bataille ne mérite pas d’être engagée.  Il jette à terre son arc et ses flèches et s’assoit dans le char comme s’il était prêt à jeûner jusqu’à ce que mort s’en suive. 

Arjuna est accablé par la compassion pour ceux qui ne le méritent pas. Il est en pleine confusion au sujet ce qui est juste (Dharmam) et ce qui est injuste (Adharmam) et il est emporté par le chagrin.  Sa pensée tourbillonne dans le grand vent de la douleur à la perspective de tuer ses Âchâryas, ses anciens amis et sa parenté.  Arjuna déclare alors qu’il ne se battra contre eux parce que la perte attendue de ceux qui lui sont chers lui cause une douleur insupportable.

 

Le troisième poème (pâsuram) du Gîtârtha Sangraham de Swamy Desikan traite du second chapitre (adhyâyam) du Srimath Bhagavath Gîta.  Ce  chapitre comprend 72 poèmes (shloka).

3)     L’Essence du Second Chapitre

Udalam azhinthidum uLL uyir onRu azhiyAthu yenaippOl
vidhumathu paRRu vidAthathu adaittha kirisaikaL
kaduka unakku uyir kAttu(m) ninaivu athanAl uLathAm
vidu mayal yenRu Visayanait-tERRinAn VitthakanE ----(3)

(Signification): Oh Arjuna! Je suis Eternel et le Seigneur de tous (Sarweshvaran).
Il n’y a aucun doute à ce propos. Pareillement, il n’y a aucun doute sur la condition éternelle des âmes (Jîvâthma). Elles ne meurent pas. A l’intérieur du corps, les âmes (âthma) ne vieillissent pas.  Elles ne cessent pas d’exister lorsqu’elles qu’elles migrent d’un corps à un autre. L’âme est éternelle (nithyan), toujours présente. Personne ne devrait penser qu’elle n’est pas éternelle (anithyam) et être peiné à cette idée. L’âme (âthma) ne peut pas être brisée par des armes. Elle ne peut pas être brûlée par le feu ni desséchée par le vent. L’âme (jîvan) peut pénétrer toute chose d’une manière subtile. Cette âme (Âthma) ne peut pas être tuée.

L’âme (Âthma) est indestructible. C’est le comble de l’ignorance pour quelqu’un de penser qu’il est le tueur de l’Ame (Âthma) et qu’il est possible de tuer cette âme (âthma). Ce terme de mort dans le langage courant n’est autre que le départ de l’âme (âthma) d’un corps pour entrer dans un autre corps.  Oh Arjuna! Il est juste de penser que l’âme (âthma), qui réside dans le corps physique de tes ennemis ira dans le monde du paradis (svarga loka), qu’elle bénéficiera d’un corps meilleur que celui qu’elle avait sur cette terre et qu’elle jouira là de tous les plaisirs (bhoga).  Tu devrais être heureux en réfléchissant à cette pensée.  Est-ce que quelqu’un regrette réellement de mettre au rebut des vêtements vieux et déchirés quand il a la chance de porter un costume propre et tout neuf?

Oh Arjuna! Il se peut que tu t’attristes de la mort du corps au lieu de l’âme (âthma). Même cette pensée n’est pas juste. Ce corps est constitué par les cinq éléments (Pancha Bhuta: prithvi, ap, tejas, vâyu et âkâsha).  C’est la  constance de l’âme éternelle (jîvan) d’expérimenter les fruits de ses Karmas. Quand les Karmas sont épuisés, le corps physique n’a pas de raison de continuer son existence. Il tombe. C’est absolument naturel pour le corps physique de subir des changements. Oh Arjuna! Même si tu ne détruis pas le corps pendant la guerre contre tes ennemis, leur corps (sharîra) mourra tôt ou tard. Par conséquent, il n’y a aucune raison de t’attrister sur la mort du corps physique, demeure temporaire des âmes (jîvan) pendant le samsara (la condition de renaissance due aux actions passées). 

 

Commentaires Additionnels:

1.  Ici, Lord Pârthasârathy (Sri Krishna) est salué comme vitthakan. On s’adresse à Lui, ici comme étant Le mystérieux parce qu’Il accomplit l’enseignement (upadesham) d’Arjuna là sur le champ de bataille, alors qu’il lui sert de cocher et d’appui.

2.  " vidumathu paRRu vidAthathu adaittha kirisaikaLE ": Avec le bénéfice de Shâstra Jnânam, le Chethanan devrait comprendre clairement la vraie nature (svarupa ) de l’âme (âthma) et accomplir ses Karmas sans attachement à leurs fruits et considérer leur accomplissement comme bhagavath kaimkaryam à la manière de Nishkâmyam (actions sans désir). On devrait seulement se détacher des fruits des Karmas et ne jamais abandonner les Karmas prescrits. S’engager dans des guerres justes est le devoir d’un guerrier (kshathrian). Il n’y a aucun autre Karma plus élevé pour un guerrier (kshathrian). En conséquence, Oh Arjuna, tu dois t’engager et accomplir cette juste guerre, rejeter les fruits de la victoire (ou les pertes) provenant d’elle. En faisant cela, tu exécuteras le Karma Yoga et à la fin tu obtiendras la libération (moksha).

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3.  " kaduha unakku uyir kAttum nianivu athanAl uLathAm " : Après avoir obtenu le contrôle de ton mental par la pratique du Karma Yoga, tu progresseras à la phase du Jnâna Yoga, qui est l’expérience (anubhava) d’une réflexion rigoureuse sur la vraie nature (svarupa) de l’âme (âthma). La phase suivante est l’expérience directe de l’âme (âthma sâkshâthkâram).

En conséquence, considère que cette juste guerre (Karma Yoga) est une aide pour atteindre le but sublime de l’expérience directe de l’âme (âthma sâkshâthkâram aussi appelé kaivalyam) et en résultat supprimer ta confusion que le corps périssable fabriqué des cinq éléments est de même nature que l’âme (âthma) éternelle et impérissable.

4.  Le résumé des 72 Shloka de ce second Adhyâyam de Swamy Âlavandâr prend la forme suivante:

nithyAthma-sanga karmEhAgOcharaa Saankhya-Yogadhee:
dhvitheeyE sTitha-dhee-lakshA prOkthA tann-mOhasAnthayE

 

" La connaissance du Sânkhya et du Yoga, qui par leur étendue font comprendre respectivement le Soi éternel et l’activité désintéressée conduisant à l’état  de sagesse affermie, est enseigné dans le second chapitre afin de supprimer l’erreur d’Arjuna ".


5.   Commentaire d’Âchârya Râmânuja : Arjuna tombe aux pieds du Seigneur et en appelle à Lui : " Oh ! Mon Seigneur! Mon esprit est troublé par la compassion pour mes parents et enseignants.  Je ne sais plus où sont mes devoirs. Instruis Ton disciple (sishyan), qui a recherché Ta protection comme une garantie (Prapannan), et apprends moi ce qui d’une manière certaine est propice de faire.

Pour le bienfait d’Arjuna, qui en raison de l’amour et de la compassion qu’il éprouve dans une situation inappropriée est dans la confusion la plus totale, au sujet de ce qui est dharmam et ce qui est adharmam, Gîtâchâryan, (le Maître de la Gîta, un autre nom pour Sri Krishna) commence l’introduction de cette science (shastram) afin de dissiper son ignorance. En commençant par le Shloka de la Gîta, II. 12 ("Il n’y eut jamais un temps pendant lequel je n’ai pas existé ") jusqu’au dernier poème (charama shloka), XVIII. 66 (" je te délivrerai de tous tes péchés, ne sois pas affligé"), Le Seigneur Pârthasârathy instruit Arjuna a propos du Karma, Jnâna et Bhakti Yoga comme étant « les moyens d’obtenir le plus haut accomplissement spirituel ».  (Grâce à son importance, ce poème est considéré comme le dernier (charama shloka), même s’il y a encore d’autres poèmes après lui jusqu’à la fin du chapitre).

Le Seigneur Pârthasârathy enseigne que l’âme (âthma) est éternelle, stable, immuable et primordiale, sans changement, inébranlable et ancienne".

Poèmes (shloka) Importants de ce Chapitre
 "Au travail seulement, tu as droit et non pas aux fruits.  Ne sois pas motivé par les fruits du travail. Ne sois pas non plus attaché à l’inaction".  Les actions accomplies avec le désir des fruits (phalan) conduisent à la servitude. La voie opposée à celle là est celle des actions sans désir pour les fruits (nishkâmya karamam) qui conduit à la délivrance des chaînes des  Karmas.

Yoga: Karmasu kousalam --II.  50

(Signification): Le Yoga c’est l’habileté dans l’action. Alors fais des efforts pour le Yoga, développe la maîtrise du mental, écarte le bon et le mauvais de même  que le ici et maintenant.  Renonce aux fruits de l’action, libère-toi de la servitude de la renaissance et élève-toi vers Ma demeure suprême!

Poème (shloka) II. 56
"Celui dont le mental n’est pas perturbé par la douleur, qui n’a pas de désir ardent pour les plaisirs, qui est libéré du désir, de la peur et de la colère, est appelé un sage au grand discernement".

Poème (shloka) II.  63

De la colère (krodhâth) découle (bhâvathi) l’erreur (sammOha), de l’erreur, la perte de la mémoire (smruthi vibhrama), de la perte de la mémoire, la destruction du discernement (buddhi nâsha) et par la destruction du discernement, il est perdu (pranashyathi) ".

Poème (shloka) II.  69
"Qu’est la nuit (nisha) pour tous les êtres  (sarva bhuthânâm) ?
Pendant ce temps celui qui se domine est éveillé.  Quand tous les êtres sont éveillés, c’est la nuit pour le sage qui voit.”

 

4)    L’Essence du Troisième Chapitre


sankam tavirnthu sakam sathir perra Dhananjayane
pongum gunangal punarppu anaitthum puhavittu avarrul
nankann uraittha kirisai yelâm yenavum navinrar
yengum arivarhale yenru nâathan iyampinane (4)

(Signification): Dans le poème précédent, Le Seigneur a indiqué que le Karma Yoga doit être pratiqué en premier afin de contrôler le mental et qu’ensuite on peut continuer avec le Jnâna Yoga. Se pose alors ici la question de celui qui à la compétence de pratiquer Jnâna Yoga directement sans l’échelon intermédiaire du Karma Yoga.  La question est de savoir pourquoi une telle personne, capable, devrait  se donner la peine de pratiquer le Karma Yoga. La réponse est que les bienfaits de Jnâna Yoga ne peuvent s’accomplir à moins de maîtriser d’abord Karma Yoga. Nous devons avant pratiquer Karma Yoga et contenter le Seigneur en faisant des actions (karma), sans en anticiper  les fruits. Les  péchés sont détruits pendant la pratique d’un tel  Karma Yoga. Le mental est nettoyé. La puissance des obstacles (dôsha), comme le désir ou la colère diminue et les sens (indriya) viennent sous l’influence du dévot (sâdhaka). Ceci conduit à la pratique de Jnâna Yoga en deuxième étape.  Si quelqu’un ne pratique pas Karma Yoga en premier et avance directement à Jnâna Yoga, il agit comme celui qui veut bâtir une tour de sept étages (gopuram) en commençant d’abord par le septième niveau. Il deviendra un sujet de moquerie.
De plus, personne ne peut rester même pour une seconde sans faire une action (karma) excepté au moment de la dissolution (pralaya Kâlam).  L’âme (Jîva) est stimulée par l’un ou l’autre des trois guna pour l’accomplissement d’un karma ou d’un autre.  Il est facile de pratiquer Karma Yoga. Des erreurs ne peuvent pas se glisser pendant cette pratique.  Il est impossible de ne pas être engagé dans des actions (Karma).  L’existence corporelle serait menacée si on abandonnait Karma Yoga.  Même les grandes âmes comme le Roi Janaka, qui était pleinement qualifié pour commencer directement leur discipline (sâdhana) avec Jnâna Yoga ont pratiqué d’abord Karma Yoga pour montrer au monde la séquence correcte. Si quelqu’un donne un exemple en sautant  Karma Yoga, même ceux qui ne sont pas compétents pour pratiquer Jnâna Yoga parodieraient ceux qui le sont et finiraient en un désastre spirituel. Cela conduirait à une accumulation de péchés par celui qui a montré cette direction et de plus, il  perdrait  l’accroche de  Jnâna Yoga.

Commentaires  additionnels sur les mots & passages de ce  poème (Pâsuram)

1. "Sangam Tavirtthu" : Quand on pratique Karma Yoga, on devrait le faire pour l’amour de Dieu (Bhâgavata prît hi) et non pour gagner les fruits que l’on pourrait désirer.

2. Pongum gunangal punarppu anaitthum avarrul puhavittu" :

Sathva, Rajas et Thamas sont les trois guna associés au monde créé (Prakrithi).  Ils sont présents en proportions différentes dans le corps de l’âme  incarnée (chetana).  Ils sont derrière l’exécution du karma approprié comme décrit en détails dans le 14ème chapitre du Srimad Bhagavath Gîta.  L’âme attachée (Jîvan)  s’illusionne en pensant qu’elle est l’auteur de ce karma.  Cette illusion (Bhrama) découle de la conviction erronée que le corps (Sharîra) est vraiment l’âme (Âthma).  En contraste de ces âmes abusées, ceux qui ont une compréhension claire de la nature de l’âme (Âthma Svarupa) sauront que la faculté de pratiquer karma est une qualité naturelle de l’âme (Âthma) et que l’association avec les trois gunas est le facteur de causalité.  Ceci est connu comme étant Karthruthva anusandhânam .

3." Nangkann uraittha kirisaikal yelâm yenavum navinrar yengum arivarhale":
Ceux qui reconnaissent que tous les karma sont accomplis par le Tout Puissant (Sarweshvaran) à travers Son Serviteur, l’âme (Jîva), pour la satisfaction de SA propre joie.  On doit comprendre ce principe (thathva), en accomplissant “des actions dans la forme de karma (Karma roopa kaimkaryams). Ceux qui ont cette pratique sont considérés comme les Maîtres de l’essence de toutes sciences Divines (Bhagavath Shâsthram).

Donnant cet enseignement à Arjuna, Le Seigneur lui ordonna de s’engager dans la pratique de son karma de guerrier et de combattre ses  ennemis dans cette guerre juste.

4. Le résumé du Troisième Chapitre (Adhyâya) de Swami Âlavandâr est :

asakthya lokarakshayai guneshvâropya karthrutham
Sarvesware vaa nyasyokthâ thrutheeye karma-kâryathâ

5. Résumé de Sri Râmânuja: La visualisation directe de l’âme individuelle (Âthma sâkshâthkâram) est le préalable pour réussir dans la pratique de Bhakti Yoga.
Ceci est expliqué dans les quatre chapitres  qui suivent le Troisième Chapitre.

Le Seigneur (Bhagavân) affirme que la pratique en plongeant tête baissée dans Jnâna Yoga est un acte difficile et dangereux.  L’âme incarnée (chetana) ne peut pas exister dans ce monde, sans action conduite par les guna nés de Prakrithi.  Celui qui dit qu’il a évité Karma Yoga et sauté directement à Jnâna Yoga est un  hypocrite.  Toutes les craintes de chute sont possibles dans ce cas.  Aussi, nous n’avons pas d’autre choix que d’accomplir nos devoirs obligatoires (niyatha Karma) sans en attendre les fruits.  En accomplissant  karma sans attachement aux fruits d’un tel karma, on atteint l’être Suprême :

“En conséquence accomplis toujours les actions qui doivent être faites d’une manière détachée; constate, l’homme atteint le plus haut en accomplissant l’action désintéressée.”

- Srimath Bhagavath Gîta: III.19

Sri Krishna (Gîtha Âchârya, autre nom pour Sri Krishna parce qu’Il est le  Maitre de la Bhagavad Gîtha) continue en disant qu’Il est "celui dont tous les désirs sont satisfaits” et le Maitre Suprême de tous et pourtant Il continue à travailler (accomplissant le karma) pour la protection du monde et de ses êtres.

Le Seigneur recommande à Arjuna de Lui abandonner toutes ses actions avec un mental concentré sur Lui comme étant le Seigneur de tous dans l’âme individuelle (antharyâmi) et de s’engager résolument à la tête de sa bataille sans l’échauffement de l’excitation:

“Abandonnant toutes actions en Moi, le mental reposant dans le Soi, renonçant à toute idée et espoir de propriété, combats,  libéré de la fièvre.”
- Sriamth Bhagavath Gîta: III.30

Ici, le Seigneur recommande à Arjuna d’accomplir tous les dharma convenant à son rôle de  Kshatriya sans égoïsme et dans une disposition d’esprit ne recherchant aucun fruit de telles actions. Il demande à Arjuna de Lui dédier les fruits de tous ces Karma demandés avec un esprit clair sachant que le Seigneur demeure en tous et en n’oubliant jamais que le Seigneur est le Maître (Sheshi) et qu’il est Son (celui du Seigneur) serviteur (Sheshan).  Celui qui a compris et qui se conforme à cette relation “ maître - serviteur ” (sheshi-sheshan) est celui qui a un esprit enclin à la spiritualité (âdhyâthma chethas).  Le Seigneur affirme que ceux qui ne comprennent pas et ne suivent pas ce principe sont perdus à jamais.

Dans la partie restante du troisième chapitre, le Seigneur explique les difficultés de la pratique de Jnâna Yoga.  Le Seigneur (Gîtha Âchârya) met l’accent sur l’importance du contrôle des sens  DES LE TOUT DEBUT, afin que  Jnâna (connaissance) et Vijnânam (discernement) ne soient détruits tous les deux. (Bhagavad Gîtha II. 41).

Ensuite, le Seigneur (Bhagavân) classe les adversaires des Jnâna Yogi : Les sens (indriya) sont des opposants importants (virodhi) dans l’acquisition de la connaissance (Jnâna).  Même si le Yogi contrôle ses sens, le mental exerce un rôle dominant en convoitant les objets des sens et devient alors un empêchement encore plus grand à l’acquisition de la vraie connaissance (Jnâna).  Si on contrôle le mental, l’intellect (Budhi) est encore un plus grand obstacle que les sens et le mental. Même après avoir contrôlé les organes des sens et le mental, l’intellect peut encore jouer quelques tours pervers et barrer la voie de la connaissance. Supposant que les sens, le mental et l’intellect  soient d’une certaine façon sous contrôle, il y a un autre obstacle (virodhi), qui est le plus fort de tous : le désir (Kâma:).

“On dit que les sens sont supérieurs (à leurs objets); le mental est lui supérieur aux sens; mais supérieur au mental est l’intellect; Pourtant ce qui est supérieur à l’intellect est le Soi.”
- Sriamth Bhagavath Gîta: III. 42

Dans le dernier Poème (Shloka) de ce  chapitre (III .43), le Seigneur enseigne à Arjuna de reconnaître le désir (Kâma) comme étant l’obstacle le plus important dans la quête de Jnâna Yoga et conduit Arjuna à détruire cet ennemi (désir) en stabilisant son mental (manas) avec l’aide de l’intellect (buddhi), qui à son tour sera maîtrisé par la pratique de Karma Yoga.

Sujet du Chapitre 1 : «  Peine et Confusion d’Arjuna »
Sujet du Chapitre 2 : « Communion par la Connaissance »
Sujet du Chapitre 3 : «  Communion par l’Action » 
Sujet du Chapitre 4 : «  Renoncement à l’Action dans la Connaissance »
Sujet du Chapitre 5 : « Communion à travers le Renoncement » 
Sujet du Chapitre 6 : «  Communion par la Méditation »

Ci-dessus, les six Chapitres du premier sextuor réunis en une unité cohérente.

Nous étudierons ensuite les  42 poèmes (Shloka) du Quatrième chapitre.

Dans le troisième chapitre, l’accent était mis sur la nécessité de pratiquer Karma Yoga en sacrifiant les fruits de l’action (phala tyâga) pour, à la fois pour le disciple (Sâdhaka) ayant de fortes pulsions corporelles et pour celui qui est qualifié dans la  pratique de Jnâna Yoga.

Dans le quatrième chapitre, l’absolue nécessité de pratiquer Karma Yoga est réitérée et accentuée.  Plus loin, le secret de l’incarnation Divine (avathâra rahasyam) est effleuré.

5)    L’Essence du quatrième chapitre

Piravâmai tanthidat-thane pirakkum perumaihalum
thuravâk-kirisaikal thoomathi tannâl tulanguhayum
irava uyir nannilai kandidum ulahin nilayum
marai vazhum mâyavan neyanukku anru arivitthanane.


Signification de la première ligne du pâsuram

Le Seigneur, qui est honoré par les Veda a décidé de donner aux âmes incarnées (jîvan) la possibilité de se libérer de futures naissances dans ce monde d’action (Karma bhumi) et leur a enseigné au travers de Son Ami Arjuna les secrets concernant Ses propres incarnations (avathâram) parmi nous.

Ceux qui comprennent les gloires des secrets de ses incarnations (avathâra rahasyam) ne naîtront jamais plus ayant obtenu la libération ou moksha (Piravamai tanthidathane pirakkum). Ceux qui comprennent les secrets associés à Ses incarnations (avathâram) n’auront plus de naissances; ceux qui comprennent les chemins par lesquels Il accompli des actions durant ces incarnations (avathâram) seront libérés de leur propre Karma. Swamy Desikan résume ces bénédictions particulières (Vishesha anugraham) du Seigneur dans la première ligne du Pâsuram:

Piravamai tanthida Thane pirakkum perumai udayan.

Afin de nous bénir par le non-retour dans le cycle des naissances et des morts (apunarâgamanam), Il s’incarne Lui-Même dans le monde de l’action (Karma Bhumi). Ceux qui comprennent les secrets de Ses incarnations n’ont alors plus de naissance  (ithi janma rahasyam yo vetthi, na asya punarbhava); en conséquence, cette âme incarnée (jîvan) gagne la félicité de la Libération (moksha sukham) en Sri Vaikuntam, le fidèle de Vishnu.

Quels sont ces secrets des incarnations du Seigneur (avathâra rahasyam)? Il y a  six aspects à Ses secrets:

1.    Son incarnation est VRAIE et non une sorte de magie irréelle, « faux semblant ».

2.    Notre connaissance (jñâna) dans ce monde (Karma Bhumi) est rétrécie. Au contraire, la connaissance du Seigneur (jñânam) pendant Son incarnation (avathâram) ici, est pleinement épanouie comme toujours et ne souffre d’aucune limitation. Il ne perd rien dans chacune de Ses entreprises. Il continue d’être le Seigneur  Suprême.

3.    Son corps n’est pas formé comme dans notre cas, du mélange des trois Guna (Sathva, Rajas et Thamas). Son corps est  sans mélange, pur sathva (Sathva mayam ou Shuddha Sathvam).

4.    Sa naissance ne résulte pas comme la nôtre, de la maturation de Ses Karmas.  Sa naissance est le résultat de sa propre volonté (sankalpam).

5.    Il choisit de S'incarner, quand l’ordre cosmique (dharma) décline (adharma) et ou le désordre cosmique s’accentue. Le moment de notre naissance est au contraire lié à la maturation de nos karmas.

6.    Sa naissance ici n’a rien à voir avec la jouissance des fruits des karmas, qui sont un mélange de plaisir (sukham) et de douleur (duhkham). C’est dans le but de l’élévation des personnes pieuses (sâdhu janam); elles ne peuvent supporter même pour un instant, d’être séparées de Lui et Il s’incarne pour les protéger de leurs ennemis. Il leur montre Sa forme (comme dans l’incarnation de l’homme lion ou Narasimhan), parle avec eux (comme Krishna et les Gopis), établi la droiture ou Dharma (comme dans Râma) et détruit l’iniquité ou adharma (comme dans Varâha ou l’incarnation du sanglier).

Signification de la deuxième ligne du pâsuram

Thuravak-kirisaikal thu umathi tannâl tulanguhayum.

Kirisaikal se réfère  aux différentes parties du Karma Yoga comme le culte rituel du au Seigneur (âradhanam), le contrôle des sens (indriya nigraha),  la respiration contemplative (prânâyâma), les rituels (yâgam), la charité (dânam), les offrandes sacrificielles (homam), les austérités (tapas), les ablutions dans les eaux sacrées, l’étude Védique et la compréhension des significations des passages Védiques. Ces devoirs ou Karmas ne peuvent pas être abandonnés; ils sont prescrits pour chaque classe sociale et chaque étape (varnam et âshramam). Celui qui ne recherche pas les fruits (phalam) de ces Karmas et pourtant les accomplit avec un mental détaché, pratique la forme la plus élevée du Karma Yoga. Pour celui-là, qui a cultivé la séparation des résultats avec les actions (karma phalam),  le bonheur de la vision directe de l’âme (âthma svarupam) sans implication dans le monde crée (prakruthi sambhandham) devient possible. Le Karma Yoga pratiqué de cette façon contient en lui-même, Jñâna Yoga. Puisque, le pratiquant (sâdhaka) considère l’accomplissement de tous les Karma comme la nature du Brahma Suprême (Parabrahma Svarupam), Karma Yoga devient la nature de la connaissance (Jñâna Svarupam) (thumathi tannâl tulanguhayum). Les mots thu math tannâl se référent au Karma Yoga idéal hébergeant en lui la connaissance (jñâna) de la nature première de l’âme (âthma svarupam). Tulanguhayum fait allusion à ce Karma Yoga idéalement respecté étincelant comme Jñâna Yoga.

Signification de la troisième ligne du pâsuram

iravâ uyir nannilai kandidum ulahin nilayum.

La connaissance de Soi (âthma jñâna) s’élevant du lustre de Jñâna Yoga logé dans le Karma Yoga détruit les bonnes et les mauvaises actions (jîvan's punyams et pâpams) de l’âme incarnée et dalle le chemin afin que l’âme (jîvan) puisse traverser en sécurité les terreurs de l’océan de la naissance, de la vie et de la mort (samsâra). Iravâ uyir est l’éternel, l’impérissable Âthma. La vision directe (sâkshâthkâram) de cette âme (âthma)  dans sa véritable condition est une grande réalisation qui résulte de la pratique convenable du Karma Yoga en lequel demeure Jnâna Yoga.

Signification de la quatrième ligne du pâsuram

matai vaazhum mâyavan neyanukku anru arivitthanane.

Notre Seigneur est un Maître de l’Illusion (Mâyavan), qui est honoré par les Veda. En temps que Seigneur mystérieux (Swamy), Il se charge de beaucoup d’incarnations. Il a enseigné à  Son ami, le premier jour de la grande guerre du Maha Bhâratha (Bhâratha yuddham), les mystères  (les six secrets ou rahasyams) à l’origine de ses nombreuses incarnations (avathârams).

Sommaire du 4 me chapitre par Swamy Alavandâr

Prasangâth sva-svabhâvokthi: Karmano-akarmathâsya cha
bhedhâ Jnanasya mâhâthmyam chathurtâdhyâya uchyathé

Commentaire de Sri Râmânuja

Dans le quatrième chapitre, la nécessité de pratiquer (établi dans le troisième chapitre) est confirmée. Le but de la pratique (anushtânam) de Karma Yoga est reconnu comme la délivrance de tous les êtres (jagath uddhâranam). Puisque le Karma Yoga comprend en lui-même la connaissance du Soi (âtman), il est admis qu’un tel Karma Yoga comprend dans son champ Jñâna Yoga.

En plus de cela, dans le quatrième chapitre sont développés la nature de Karma Yoga avec ses divisions (bheda) et la supériorité de la part de la connaissance (jñâna) dans le Karma Yoga. Les secrets de l’incarnation (avathâra rahasyam) du Seigneur sont aussi expliqués dans ce chapitre.

Voici quelques versets (shlokam) pertinents du Quatrième Chapitre de la Bhagavad Gîtha sur lesquels méditer :

 

Shloka 8 : Pour la protection des personnes pieuses (sadhu janam) et la destruction des  malfaisants diaboliques (ennemis de Mes dévots) ainsi que pour l’instauration de la droiture dans ce monde, Je M’incarne dans chaque ère (yuga).

Shloka 9: Celui qui appréhende la vérité de Mon incarnation et actions divines pendant ces incarnations (avathâram) n’a pas de renaissance et vient directement à Moi.

Shloka 11: Quiconque a recourt à Moi de quelque manière que ce soit, de la même manière Je le gratifie; les hommes M'approchent seuls de différentes manières.

Shloka 22: Satisfait de ce que le sort peut lui apporter, s’élevant au dessus des contraires, libre de malveillance, d’humeur égale dans le succès et dans la défaite, bien qu’il agisse, il n’est pas limité.

Shloka 23: Pour celui qui n’a plus d’attachement, qui est libre, dont le mental est établi dans la connaissance, qui travaille avec abnégation, son Karma est entièrement dissout.

Shloka 24: Brahman est l’instrument de l’offrande ; Brahman est l’offrande; Par Brahman l’offrande est sacrifiée dans le feu de Brahman; Brahman seulement peut être à la portée de Celui qui médite sur Lui dans ses  Karmas.

 

Les commentaires de Sri Vedanta Desika dans le Tâthparya Chandrika sont exceptionnellement beaux et pénétrants. En considération de la longueur de cet envoi, l’auteur ne les explicitera ici.

Notes personnelles de l’auteur: Je me réfère au Commentaire du Tâthparya Chandrika sur la Bhagavath Gîta. Un des grands Upanyâsakars (experts en discours sur les textes religieux) et érudits en ce temps là, ayant reçu le titre distingué de Sâra Sârajnar par Vaikunta Vâsi HH Srimath Injimedu Azhagiya Singar s'appelait Vaikunta Vâsi Thirukkallam Swamy. Sa renommée comme  Kalakshepam expert dans la  Bhagavath Gîta est très grande. Dans cet envoi, je résumerai/traduirai le commentaire de Thirukkallam Swamy sur le QUATRIEME chapitre de Srimath Bhagavath Gîta. A propos, Thirukkallam Swamy était le beau-père de Vaikunta Vâsi U.Ve. Mukkur Lakshminrusimhâcchâr Swamy, le grand dévot de Mattapalli Narasimha Parabrahmam.

Résumé du Quatrième Chapitre

Dans ce chapitre, Lord Pârthasârathy (Sri Krishna) affirme qu’il a révélé les secrets de Karma Yoga à Sûrya (Le Dieu du Soleil) au commencement de cette ère (manvanthram). En se référant à cela, Notre Seigneur souligne la grandeur de Karma Yoga. Il indique à Arjuna que le Jñâna Yoga demeure à l’intérieur de Karma Yoga et qu’en conséquence, Karma Yoga devient Jñâna Yoga. Le Seigneur Krishna parle de la nature (svarupam) de Karma Yoga et de ses divisions et signale que la partie la plus importante (pradhânam) est celle traitant de Jñâna Yoga. Comme ceci soulevait des questions, Sri Krishna enseigna à Arjuna les secrets de Ses incarnations (Avathâra rahasyams).

Dialogue (samvâdam) entre le Seigneur et Arjuna en temps que Son disciple:

Sri Krishna: Oh Arjuna! Ne pense pas que je te donne cet enseignement sur le Karma Yoga dans le dessein de t’encourager à t’engager dans la bataille. J’ai instruit Sûrya (le Dieu du Soleil) au commencement de l'ère de Manu (manvantharam) pour l’élévation de toutes les âmes (jîvas). Sûrya l’a enseigné à Manu; de Manu, le Roi Ishvâku a reçu les enseignements (upadesham) et depuis lors, dans le but de la révélation des secrets du Karma Yoga, a suivi la succession de disciples Aswapathi, Janaka, Ambarisha et autres vénérables rois (râja rishis). Après eux, il n’y eu plus d’autre transmission. Maintenant, Je t’enseigne ce qui a été perdu parce que tu as pris entièrement refuge (sharanâgathi) en Moi. Du fait de Mon affection pour toi, je t’enseigne le Karma Yoga et ses différentes ramifications (angams). Personne d’autre ne peut t’initier à cette connaissance secrète (rahasya jñâna) reliée au Vedânta.

Note: Manu est le nom d’un personnage célèbre considéré comme l’homme représentatif et le père  de la race humaine. Il est aussi un des êtres divins. Le premier Manu appelé Svâyambhuva Manu est considéré comme une sorte de créateur secondaire. Antara est la période de 4 320 000 années humaines, soit un quatorzième de jour de Bramha, le Créateur. Les quatorze Antara appelé aussi Manu sont: Svâyambuva, Svârochisha, Autthami, Tâmasa, Raivatha, Châkshusha, Vaivasvatha, Sâvarni, Daksha Sâvrani, Bramha Sâvarni, Dharma Sâvarni, Rudra Sâvarni, Rauchya Daiva Sâvarni, et Indra Sâvarni. Nous vivons en ce moment dans le  7eme Manvantara appelé Vaivasvatha Manvanthara.

Arjuna: Oh Seigneur! Nous sommes tous deux, Vous et moi, nés proche l’un de l’autre dans le temps. Cependant Sûrya est né quatre ères avant (chathur yugams). Comment est-il possible que vous ayez enseigné à Sûrya au commencement de ce cycle de Manu (Manvantharam), alors que vous n’étiez même pas né?

Krishna: Arjuna! Est-ce que tu me poses cette question avec présomption que l’on n’a pas plusieurs naissances (janmams)?

Arjuna: Oh Mon Seigneur! Non. Ce n’est pas pour cette raison.

Krishna: S'il en est ainsi, es-tu incrédule parce qu’on ne peut pas se souvenir dans cette  vie, de ce qui a été enseigné et mémorisé dans la vie précédente?

Arjuna: Oh Parama Purusha (La Personne Suprême)! Je sais que des sages comme Jada Bharatha ont eu le souvenir de leurs vies passées (purva janma).

Krishna: Oh Dhananjaya! Est-ce que tu doutes de mon pouvoir de me souvenir de ce que j’ai enseigné à Sûrya au commencement de la période de Vaivasvatha (Vaivasvatha manvanthara) et de me le rappeler encore pendant cette vie en tant  que fils de Vâsudeva?

Arjuna: Oh Seigneur! Je sais que vous êtes Sarweshvaran, Sarvajnan et Sarva shakthan (les qualités principales du Seigneur). Cela n’est pas un problème pour Vous.

Krishna: Oh Kauntheya (Arjuna)! Dans ce cas, qu’elle est la raison de ta question?

Arjuna: Oh Vâsudeva! Vous êtes  totalement exempt de toute faute et blâme (dosha heya prathyaneekan). Vous écartez les naissances et les morts de ceux qui se livrent à Vous. Comment pouvez-vous alors, prendre cette vie (parmi nous) pleine de Dosham,  connue pour avoir les Doshams de la naissance, de la vieillesse et de la mort? Vous êtes l’incarnation des meilleurs auspices. Qu’elle est l’utilité d’une naissance pour Celui qui est comblé par la Félicité (ânandha) générée par Sa propre Nature (svarupam)? Vous êtes le Seigneur Suprême (Sarweshvaran). Il n’y a personne qui soit égal à Vous ou au-dessus de Vous. Si quelqu’un était supérieur à Vous, Il pourrait ordonner Votre naissance et Votre mort. Dans une telle situation, quelle est la raison de Votre naissance ici? Vous êtes Omniscient (Sarvajnan). Vous savez que les Deva hésitent à mettre les pieds dans ce monde (Karma bhumi). Comment se fait-il alors, que Vous preniez naissance dans ce sombre monde Samsâric et que Vous Vous mêliez aux uns et aux autres? Vous auriez pu ne pas Vous incarner ici et protéger quand même ce monde puisque Vous pouvez accomplir la même chose par Votre seule volonté (Sankalpam). Tous Vos désirs sont déjà comblés puisque vous êtes le Jouisseur de tous les désirs (avâptha samastha kâman). Quel fruit (prayojanma) espérez-Vous par Votre naissance ici? Pourquoi avez-Vous choisi de naître en tant que fils du Roi Vâsudevan? Voilà les raisons de ma question.

Krishna: Oh Arjuna!  Mon incarnation (avathâram) n’est-elle pas réelle? Est-ce de la magie (Indra Jâlam) ou de l’imaginaire (asathyam)? Est-ce là ta première question?

Arjuna: Oui, mon Seigneur.

Krishna: Oh Arjuna! Toi et Moi avons eu beaucoup de naissances. Je connais très bien tes naissances antérieures ainsi que les Miennes. Tu ne connais rien d’elles. De la même manière que tu penses que tes naissances antérieures ont été vécues et quelles sont réelles comprend que Mes naissances précédentes ont bien eu lieu et qu’elles sont réelles (sathyam).

Arjuna: Kanna (Sri Krishna)! Si vos naissances antérieures sont réelles, quels étaient vos traits apparents (janma Prakâram)? Avez-vous laissé derrière vous Votre divine  nature (svabhavam)? Votre corps était-il fait de matière créée (Prâkrutham) ayant les trois Guna ou bien non assujetti à la matière crée (aprâkrutham)?

Sri Krishna: Je suis né de ma propre volonté (sankalpam) et j’ai gardé dans Mes naissances mon corps divin  non-crée (aprâkrutha). Je suis né avec Ma forme divine appropriée (divya mangala vigraham) par Ma propre volonté.

Arjuna: Quand  vous incarnez- Vous (avathârams)? Quand êtes-Vous né?

Sri Krishna: Arjuna! Il n’y a pas de limite de temps à Mes incarnations. Je ne suis limité par aucun rythme cyclique. Je Me crée Moi-même quand l’ordre cosmique (dharma) décline au-delà de certaines limites et que le désordre cosmique (adharma) devient l’ordre du jour.

Arjuna: Quelles sont les autres raisons de Votre incarnation (avathâram)?

Sri Krishna: Je suis né dans chaque ère (yugam) pour protéger Mes dévots (bhaktha)
en danger et pour détruire les êtres malfaisants qui leur font du mal. Je suis né aussi pour rétablir les principes des valeurs des Veda (
sheshta or Vaidika Dharma) dans ce monde.

Arjuna: Oh Seigneur! Mes doutes sont envolés maintenant. Y a-t-il des fruits (phalan) dans l'apprentissage de la connaissance des secrets de Vos incarnations  (avathâra rahasyams)?

Sri Krishna: Oh Arjuna! Celui qui comprend clairement le principe secret (thatva rahasyams) derrière Mes Incarnations et Mes activités divines ici ne renaîtra plus jamais. Cette connaissance enlève immédiatement tous péchés.

Arjuna: Mon Seigneur! Certains ont-ils médité sur les secrets de Vos incarnations (avathâra rahasyams)?

Sri Krishna: Nombreux sont ceux qui ont pratiqué la pénitence en Méditation  (dhyâna) sur les secrets de Mon incarnation et qui en résultat ont atteint Ma nature (svabhavam).

Arjuna: Oh Seigneur, Votre accessibilité aisée par soulabhyam (facilité d’approche, une des qualités de Dieu) pour tout un chacun pendant Vos incarnations est incomparable.

Sri Krishna: Arjuna! Ce n'est pas que je Me limite en naissant  comme Dieu ou Humain pour protéger ceux qui demandent Mon secours. Je me présente avec la forme dans laquelle ils souhaitent Me voir. Si Mon dévot (bhaktha) veut Me voir apparaître en temps que père, fils, cocher (Sârathy), sanglier (Varâha Roopi, l’incarnation de Vishnu comme sanglier) ou lion (Narasimha Roopi, l’incarnation de Vishnu comme lion), Je prends ces formes désirées et leur apparaît ainsi. Ici le Seigneur Krishna met l’accent sur la splendeur des incarnations de Dieu.

Arjuna: Oh Seigneur! Mes doutes sur les secrets des incarnations (avathâra rahasyams) sont éclairés maintenant. Je vous en prie, enseignez-moi de quelle façon Karma Yoga est dans la forme de Jñâna Yoga.

Les commentaires de Swamy Desikan dans le Tâthparya Chandrika sont exceptionnellement beaux et pertinents.

Arjuna: Oh  Seigneur ! Je vous en prie expliquez moi ce que vous avez commencé à savoir, Karma Yoga étant dans la forme de Jñâna Yoga.

Krishna: Tous les êtres sensibles (chethanas)  intéressés ou non dans la Libération (Moksha) sont très intéressés par les fruits (phalam) pour leurs  Karmas. Ils souhaitent également des profits rapides et choisissent pour cette raison d’honorer Indra ou d’autres dieux. Ils oublient de M’honorer (âradhanam)  Moi qui suis l’habitant de tous ces demi-dieux. Je bénéficie des offrandes (Yajña Bhoktha) qui leur sont faites.  Les êtres sensibles (chethanams) craignant le Samsâra et désirant la Libération (Moksham) oublient de suivre   Jñâna Yoga dans la forme de Karma Yoga, ce qui veut dire que c'est l'hommage avec offrande qui  est convenable pour Moi (âradhanam with sâthvika tyâga).

Arjuna: Oh Seigneur! Les êtres sensibles (chethanas) accablés par leurs ballots de péchés qui les alourdissent recherchent des fruits insignifiants (alpa phalams) et manquent d’appliquer les moyens pour obtenir la Libération (moksha), le Karma Yoga. Je vous en prie initiez-moi au Jñânakâra Karma Yoga qui détruira les obstacles à la Liberation (moksha).

Krishna: Oh Mon Cher! Je suis le Créateur, le Protecteur et le Destructeur de tous les êtres sensibles et insensibles (chethana and achethana) depuis Brahma jusqu’à l’humble brin d’herbe. Bien que je sois le créateur des êtres sensibles et insensibles, Je ne suis assujetti à aucun changement (avikâran) comme je ne suis pas le Créateur.

Arjuna: Madhusodhana (Sri Krishna)! Votre discours est troublant. Comment pouvez-vous dire que vous êtes à la fois le créateur (kartha) et pas le créateur (akartha)?

Krishna: Je comprends ta confusion. Je suis en effet le Créateur de tous les êtres sensibles et insensibles de ce monde. Je ne suis  pourtant pas impliqué dans les différences (vaishamyams, verupadugal) entre, ceux qu’on appelle Dieux (deva) et les  Humains ou entre, les humains et les autres. Les différences dans les naissances, divines ou humaines, sont dues à leur propre Karma spécifique (karma vishesha). En conséquence, Je suis en effet responsable de la création de tous les êtres sensibles et insensibles (chethana and achethana), mais pas de leurs différences liées à leur karma. Donc, je suis en accord avec mon affirmation précédente, je suis le Créateur et le Non-Créateur (kartha and akartha).

Quiconque, comprenant cette subtile vérité sera délivré des bons et mauvais Karmas (punya and pâpa). Ce qui veut dire que non seulement il s’affranchit de tous les obstacles pour le début du Karma Yoga mais aussi de l’avidité pour le désir des fruits. Il n’est plus tenu par l’ancien fardeau de bon et mauvais Karma (Prâchîna karma).

Arjuna: Mâdhava (Sri Krishna)! Vous m’avez maintenant enseigné le secret pour supprimer les obstacles au début de Karma Yoga. D'aucuns ont-ils suivi ce chemin?

Krishna: Oui, beaucoup de dévots qui désiraient la Libération (Mumukshus) ont observé ce type de Karma Yoga. Ils M’ont compris comme étant aussi bien kartha que akartha. Vivasvan et Manu sont deux de ces mumukshu. Même d’importants érudits et sages ont été troublés à propos des Karmas à observer et de Jñâna niché à l’intérieur de ce Karma. Je vais t’apprendre maintenant les moyens d’être délivré des liens du Samsâra.

Arjuna: Oh Seigneur! Pourquoi le chemin et la structure de ces Karmas ont été difficiles à appréhender par les Erudits et les Sages?

Krishna: Une compréhension claire sur les Karmas est indispensable pour la Libération (moksham). Il faut aussi être avisé de tous les nombreux types de rites  (vikarmas) comme ceux qui sont obligatoires quotidiennement (nithyam), périodiquement (naimitthikam), des rites conduits en vue de bienfait futur (kâmya karma) et pour l’accumulation de richesses. Il faut aussi comprendre la non-action (akarma jñâna). En considération des difficultés de compréhension des nombreux aspects des Karmas, c’est un chemin qui est resté difficile pour beaucoup.

Arjuna: Mon Seigneur! C’est difficile de comprendre le principe que le Karma Yoga est une forme de jñâna (Jñânakâram). Je vous en prie, expliquez-moi davantage.

Krishna: Celui qui fait les nithya karmas (ceux qui ne peuvent pas être abandonnés) sans intérêt pour leurs fruits, d'un mental non distrait par autre chose, développant un détachement de prakruthi et de ses activités (loka vasthus) et ayant seulement le Soi en point de mire (prayojanam) rompra les liens du Samsâra. Il n’effectuera pas en premier Karma Yoga et ensuite pratiquera Jñâna Yoga pour la visualisation du Soi, mais plutôt considérera Karma Yoga lui-même comme le résultat de la vision directe de l’âme (âthmâvalokana). Ce type de pratique de Karma Yoga  (anushtânam) étant lié à la  nature du Soi (âthma svarupam) autrement que Prakruthi, Karma Yoga est de la forme de Jñâna Yoga également.

Arjuna: Kanna (Krishna)! Je vous prie, développez ceci pour moi!

Krishna: Dhananjaya (Arjuna)! Les différentes branches de  Karma Yoga sont Sandhyâ Vandanam (les trois prières quotidiennes au Soleil), Yagam (les sacrifices rituels), Prânâyâmam (les exercices de respirations pendant la contemplation), le contrôle des sens, Vedâdhyayana (les récitations védiques), Vedânta Vicharam (les réflexions sur les principes du Vedânta), Kruchra (un type de jeûne), Shânthrâyana prâyaschitha (une sorte particulière d’expiation pour parer à des erreurs dans la vie religieuse).

Note: Sandhya sont les trois phases de la journée: le point du jour, midi et le coucher du soleil. Kruchra est une sorte de pénitence. Il y a au moins soixante types de pénitences. Prâyaschitha est une action pour compenser les défauts dans l’exécution d’un rituel  ou  sacrifice, ou bien des actions prises pour expier de n’avoir pas fait ce qui était ordonné ou pour avoir fait quelque chose qui était interdit. C’est une sorte de purification mentale. Il y a plusieurs types d’expiation.

Arjuna: Krishna! En temps que pratiquant du Karma Yoga, devrais-je abandonner les rituels obligatoires et occasionnels  (nitya, naimitthika karmas)?

Krishna: Pour celui qui n’observe pas les rituels nithya et naimithika Karmas, les trois purushârtha de dharma, artha et kâma ne seront pas réalisés dans ce monde. Si c’était le cas, comment pourrait-il même espérer l’ultime purushârtha de la libération (moksham)?

Arjuna: Gopâla (Krishna)! Vous m’avez enseigné que ce  Karma Yoga est de la forme de Jñâna (Jñânakâram). Parmi cela, le Karma Bhâgam est-il plus important que le Jnana Bhâgam?

Krishna: Entre les deux formes (âkâram) de Karma Yoga, le Jñâna Bhâgam est  supérieur au Karma Bhâgam.

Arjuna: Oh Rukmani Vallabha (Krishna)! J’ai clairement compris vos enseignements (upadeshams).

Krishna: Arjuna! Ce n’est pas suffisant que tu aies compris maintenant les aspects subtils. Le temps viendra, avant que les instructions (anushtânam) ne portent leurs fruits, où tu rencontreras des doutes. A ce moment là, approche de grandes âmes, sers les bien et questionne-les indirectement sur ce qui te trouble. De leur  compassion pour toi ils te donneront les réponses les plus directes pour t’aider à progresser.

Arjuna: Oh frère de Balarâma (Krishna)! Par quelle indication sait-on que l’on a atteint le stade de maîtrise des enseignements du Karma Yoga?

Krishna: Quand celui qui pratique ne se fait pas d’illusion, qu’il développe le sens de la vision de la nature de l’âme (âthma svarupam) dans tous les êtres crées et Me reconnaît comme son antharyami, alors la maîtrise est atteinte.

Il n’y a rien dans ce monde de plus pur que âthma Jñânam. Ceux qui observent ce jñânakâra Karma Yoga comme enseigné par Moi atteindront siddhi. Désormais, coupe en deux tous tes doutes avec l’épée de âthma jñânam  et pratique Karma Jñâna pour  te libérer des tourments du samsara  et gagner la Libération (moksham).

6)    Essence du cinquième chapitre

Kandu yelitham karumam uyir kaatta kaduhuthalum
mandi athan padiyil manam kollum varisaihalum
kandu ariya uyiraik-kanalurra ninaivuhalum
vann thuvaresan iyambinan Vaasavan mainthanukke
--Pâsuram: 6

Le Seigneur du riche Dwâraka (Sri Krishna) enseigne à Arjuna, le fils d'Indra, comment le Karma Yoga a ses fondements dans les textes sacrés  (Shâstra) et comme il est facile à pratiquer.  Notre Seigneur continu l'enseignement d'Arjuna sur (1) les moyens par lesquels le Karma Yoga active la possibilité de la visualisation du Soi, (2) les aspects de ce Yoga qu'un dévot doit maîtriser et (3) la méthode d'acquisition d'une connaissance approfondie conduisant à la visualisation du Soi, dont la nature (svarupa) n'est pas facile à voir et à expérimenter autrement.

 

Le résumé en Tamoul de Sri Vedânta Desika est basé sur le poème en Sanscrit de Swamy Âlavandâr dans le cinquième chapitre du Gîthârtha Sangraham. 

Karma yogasya soukaryam shaigryam kascchana tadhvidha:
Brahma-Jnâna prâkârasccha panchamâdhyaya uchyathe

- Shloka 9

Dans le quatrième chapitre, le sujet de l'enseignement (upadesham) était le Karma Yoga dans la forme du Jnâna Yoga (Karma Yoga's Jnânakâram).  La forme (svarupa) du Karma Yoga, ses différents aspects  et l'importance du Jnâna Yoga comme partie du Karma Yoga furent étudiés.

 

Dans le cinquième chapitre, il est répété que le Karma Yoga peut aider à obtenir la visualisation du Soi plus rapidement que le Jnâna Yoga. Les différences dans les caractéristiques (anga bheda) du Karma Yoga et  celles du Jnâna incluses dans le Karma Yoga sont expliquées plus longuement.

 
Les mots clés choisis par Swamy Âlavandâr pour éclairer ici le caractère unique de Karma Yoga sont: la facilité de la pratique (soukaryam) et la rapidité dans l'obtention des résultats (saigryam). Swamy Alavandâr nous apprend davantage sur les différences que présentent les aspects particuliers (anga bheda) du Karma Yoga et sur la connaissance (jnânam) qui résulte de sa pratique aidant à visualiser le Soi, dont la nature de connaissance (jnâna svarupa) s'apparente à celle de Para Brahman.

Commentaire de Sri Râmânuja

Dans le troisième chapitre (Communion à travers l'action) de la Bhagavath Gîtha,il était révélé que le  Karma Yoga pour un  aspirant (sâdhaka) est préférable au Jnâna Yoga puisque le Karma Yoga comprend en lui-même la connaissance du Soi.  Dans le quatrième chapitre (Renonciation à l'Action dans la Connaissance), l'enseignement du Seigneur avait pour sujet (1) le Jnâna Yoga contenu du Karma Yoga, (2) les formes essentielles du Karma Yoga et (3) l'importance du Jnâna Yoga maillé dans Karma Yoga. Après avoir dans les deux chapitres précédents, posé les bases de l'importance du Karma Yoga, Le Seigneur Parthasarathy (Sri Krishna) affirme dans le Cinquième Chapitre que le Karma Yoga nous amène plus rapidement au but désiré (parvenir au Soi) que le Jnâna Yoga.  Il donne d'autres indications sur les méthodes de méditation sur le Soi,  qui sont implantées dans le Karma Yoga.  Enfin, Il décrit la connaissance (Jnânam) qui prend racine dans le Karma Yoga.

Poèmes importants (shloka) du Cinquième Chapitre:

Il y a 29 Poèmes (shloka) dans ce chapitre.  Le second poème (shloka) précise les caractères d'un éternel renonçant (nithya sanayâsi): celui qui ne hait ni ne convoite jamais, qui est au-delà des  paires opposées (dvandvam) est un "renonçant à jamais".  Ce nithya sanyâsi se dirige aisément vers la Libération (Moksha).

Dans le septième poème (shloka), Le Seigneur Krishna affirme que celui qui a dompté son mental et ses sens et qui est devenu le soi de tous les êtres, est épargné par les fruits des actions (karma phalam) même quand il est engagé dans l'accomplissement d'actions (karmas).

Une telle personne renonçante (nithya sanyâsi) voit, entend, touche, sent, mange, bouge, dort, respire et pourtant elle reconnaît " Je ne fais absolument rien du tout ". . . Bhagavad Gîtha V.8.
 
Elle accomplit ses actions (karmas) sans attachement et les remet toutes  à Prakruthi comme une goutte d'eau sur une  feuille de lotus (non mouillée par l'eau) et elle est libérée de l'identification avec le corps - Bhagavad Gîtha V.10.

Un Karma yogi excluant les fruits de l'action atteint une paix durable... (Bhagavad Gîtha V.12).

 Le transfert de la mise-en-œuvre (capacité à générer des actions) à Prakruthi est ensuite abordée par le Seigneur.  Le Karma yogi en temps que soi incarné renonce à toute action (karmas) pour  la cité aux neuf portes (neuf ouvertures: 2 ouvertures pour les yeux, 2 pour les oreilles, 2 pour les narines, 1 pour la bouche, 1 pour l'organe génital et  1 pour l'anus) c'est à dire, le corps.  Il obtient le contrôle de soi, gagne la compréhension que toutes les actions résultent de "la conjonction du Soi avec le corps, qui prend racine dans les Karmas antérieurs " et leurs impressions subliminales (vâsana) et il n'est pas conduit par sa (le Soi) nature (svarupa)”- Bhagavad Gîtha V.13.

Le Soi (Jîvan) est incarné et existe en conjonction avec prakruthi. Le Soi virginal (Jîvan) ne crée pas la mise-en-œuvre  (karthruthvam), ni l'action, ni l’'affiliation avec les  fruits (phalam) de ces actions. Le Karma yogi obtient une connaissance discriminative de ce principe (tatthvam) et en conclut que l'action est amenée là par les impressions subliminales (vâsana) naissant de Prakruthi générées par le flux (Pravâha) des actions passées (purva Karma) liées au temps sans commencement. (Bhagavad Gîtha V.14)

Shloka 18:

Vidya vinaya sampanne brahmane gavi hasthini
suni chaiva svapake cha pandithah samadarshinaha.

Les Karma yogis accomplis regardent avec une égalité d'âme tous les êtres définis par des  corps dissemblables.  Ils voient le Soi en eux tous, qu'il soit étudiant béni par l'instruction (vidya) et l'humilité (vinayam) ou simple Brahmane ou vache ou  éléphant ou chien ou mangeur de chien. Pour un tel yogi, tous ceux là dont les corps sont différents à cause de la relation avec le monde créée (prakruthi sambhandham) ont une chose en commun: la même forme de connaissance (Jnâna) dans leur nature (svarupa) que le Soi. Tous ces Soi, bien que différents à cause de leur apparences extérieures, possèdent la même forme de connaissance au niveau du Soi. 

Dans le Poème (shloka) 20, le Seigneur Krishna enseigne le mode de vie d'un Karma yogi.  Connaissant Brahman et demeurant en Lui, un tel Yogi ne se réjouit ni s'afflige alors qu'il expérimente des événements plaisants ou déplaisants, puisque de telles expériences sont transitoires et ont leur origine dans Prakruthi.  Il demeure en Brahman et goûte une félicité sans faille . Ces plaisirs ou souffrances temporaires ont un début et une fin (âdhyanthavantha:).  Le sage n'est pas exalté ni peiné par eux - Bhagavad Gîtha V.20 to 22.

 

Les Karma yogis accomplis libérés de l'influence des paires de polarité opposées (dvandvams) ont leur mental totalement sous contrôle et consacrent leur temps au bien-être de toutes les âmes incarnées (chethana). Ils sont libérés de toutes flétrissures et atteignent la félicité de Brahman.  Pour de tels yogis, la Félicité et la Béatitude de Brahman est proche. De tels yogis sont en effet libérés pour toujours (Bhagavad Gîtha V.25, 26 et 28).

Dans le dernier Poème (shloka) de ce Chapitre (Adhyâyam), le Seigneur Krishna dit: un tel yogi me reconnaît comme Son Maître Suprême et le Seigneur de tous les mondes et comme le bénéficiaire de tous les sacrifices (yajna) ainsi que l'ami de tous les êtres. Le Seigneur déclare : Me connaissant ainsi, ce type de yogi atteint la tranquillité.

Points clés du Tâthparya Chandrika (5ème Chapitre) de Swamy Vedanta Desika

(1) Le résultat final (phalan) des deux, le Karma et le Jnâna Yoga, sont identiques. Des deux, le Karma Yoga est plus facile à pratiquer. Il donne des résultats (phalan) rapidement. Seulement ceux dont le mental est concentré inébranlablement sur le Soi sont qualifiés pour pratiquer le Jnâna Yoga.

(2) Le Karma et le Jnâna Yoga sont deux routes différentes pour arriver à l'âme (Âthma).  Le Karma Yoga est une courte route nationale. Le Jnâna Yoga est un rude chemin. On y rencontre beaucoup de bandits qui interfèrent avec les progrès faits par le pratiquant (sâdhaka). Ce chemin est plus long que celui du Karma Yoga.

 

(3) Les nombreuses âmes (Âthma) dans les différents êtres créés sont semblables mais pas identiques. Les formes (svarupa) de ces âmes (Âthma) ne sont pas différentes dans les divers corps incarnés. La  différence réside seulement dans les corps dans lesquels ils demeurent et dans leurs impressions résiduelles (vâsana) résultant de Karmas précédents.

(4) Le Karma nourrira samsâra, quand l'action est accomplie avec désir pour le résultat (phalam). Quand accompli sans la recherche des fruits de l'action, ce même Karma assurera pour celui qui le fait la Libération (Moksha).

(5) Le sharîra a neuf ouvertures (7 au-dessus du cou et deux au-dessous): "Nava Dvâre Pure " (mentionné) dans le 13me Shloka.  Le sharîra est aussi appelé Brahmapuram car c'est la demeure du Seigneur en temps que Antharyami.  La Kathopanishad décrit le corps (sharîra) comme ayant 11 ouvertures. Cette interprétation comprend le nombril et Brahma Randhra.  Comme le corps est la cité à neuf entrées et un nombre égal de sorties, il est sâyavayam (en pièces). Par ailleurs l'Âme n'a ni partie ni ouverture (niravayavam). Le sharîra est volumineux et l'Âme est infinitésimale.

(6)Pandithah samadarsina: Même s'il y a des différences dans la taille, la forme, la couleur ou les autres caractéristiques des âmes incarnées (chethana), les âmes (âthma) à l'intérieur de leurs corps sont semblables.

(7)Les différences provenant des caractéristiques physiques, guna et karmas découlent des impressions des vies précédentes (poorva janma vâsana). Ces différences ne sont pas naturelles (svâbhâvika).

(8) L'âme pure (âthma vasthu) non colorée par l'association avec Prakruthi est comme Brahman et c'est pourquoi ceux qui expérimentent la proximité de l'âme avec Dieu (âthma sâmya) sont connus comme ceux qui voient Brahman.

 

(9) Le véritable Karma yogi ne sera pas affligé des cinq défauts (Dosha) associés aux plaisirs humains (manushya bhoga) :

1. Ârjana Dosha: les difficultés à acquérir la richesse,

2. Rakshana Dosha: L'effort dans la protection de la richesse acquise,

3. Kshaya Dosha: L'impermanence et la nature transitoire de la richesse accumulée,

4. Bhoga Dosha: Alors qu'il jouit du plaisir de la richesse acquise (bhoga), le désir de jouir davantage grandit et quand il ne peut l'obtenir il s'engage dans des actions qui le conduisent vers des naissances inférieures,

5. Himsa Dosha: La violence envers autrui, d'une façon ou d'une autre, (para himsa) fait partie de la recherche de ces plaisirs (bhoga)

 

7)    L’Essence du sixième Chapitre

 

Yoga murcchiyum yogil sama nilai naalvahayum
Yogin upâyamum yogu tanāl varum peruhalum
Yogu tanil tann thiramudai yogu tann mukkiyamum
Naahanai yogi navinranan mudi veeranukke
.
- Gîtârtha Sangraham 7 de Vedānta Desika
Signification : Portant la splendide couronne, dans son Divin Sommeil (Yoga Nidra) sur le Serpent Primaire (Ādishesha), Le Seigneur apprend à Arjuna (1) les méthodes de pratique de Yoga amenant à la visualisation de Jîvâthma, (2) les quatre sortes de Yoga conduisant l’ég      alité de  vision (sama darsanam), (3) le Yoga comme moyen d’atteindre le but de la vie en temps qu’être humain ou purushārtha (dharma, artha, kāma et moksha), (4) les fruits (phala) résultant de la pratique du Yoga et (5) l’importance de Bhakti Yoga, qui est bien supérieur aux quatre sortes de Yoga pour développer la connaissance l’égalité de  vision en tout (sama darsana rupa jñāna).

Note: Les quatre purushārthas sont: dharmaErreur ! Signet non défini. (les lois éternelles), artha (la richesse comme un des objectifs de la quête humaine), kāma (désir pour la richesse matérielle) et moksha (la libération finale de l’âme)

Résumé du 6ème Chapitre par Swamy Âlavanthâr
Yogabhyāsa-vidhir-yogee chathurthā Yoga-sādanam
Yoga-siddhi : svayogasya pāramyam shashta uchyathe.


-  Gîtârtha Sangraham 10 par Swamy  Ālavanthār (qui est un autre nom pour Yāmunāchārya).

Signification : Les voies prescrites de pratique du Karma Yoga et du Jñāna Yoga pour obtenir la  visualisation directe du Soi (āthāvalokana), les quatre différentes sortes de yogis, les aides à la  visualisation directe du Soi comme la pratique et le détachement, les fruits issus de la pratique d’un tel Yoga et la grandeur du Yoga qui est centré sur le Seigneur, sont décrits dans le Sixième Chapitre.

Quelques uns des éclaircissements du commentaire de Rāmānuja sur le 6ème Chapitre

Dans le Cinquième Chapitre le Seigneur Krishna enseigne à Arjuna les voies du Karma Yoga et tous ses corollaires.

Dans le Sixième Chapitre appelé Dhyāna Yoga, Sri Krishna enseigne les exigences requises dans la pratique du Yoga afin d’obtenir la vision du Soi par le Karma Yoga et le Jñāna Yoga.  Il insiste sur l’implication des principes de Jñāna Yoga dans le Karma Yoga conduisant à la visualisation du Soi. 

Bhagavad Gīta VI.29

Sarvabhuthastamāthmānam sarvabhuthâni chāthmani
Īkshathe yogayukthāthma sarvathra samadarsana
:
Signification: Celui dont le mental est concentré dans le Yoga voit l’égalité en tout; il voit le soi présent dans tous les êtres et tous les êtres dans le soi.
Traduction par Swamy Ādidevānanda du commentaire de Rāmānuja sur ce qui précède : "Compte tenu des similitudes entre un soi  et les autres soi quand ils sont séparés de Prakruthi (i.e le corps), tous les soi sont par eux-mêmes de la seule nature de connaissance. Les inégalités appartiennent seulement à  Prakruthi ou aux corps dans lesquels ils sont incarnés. Celui dont le mental est concentré dans le Yoga a l’expérience de la même identité de nature de tous les soi comme centres de l’intelligence, les différences perçues étant seulement causées par le corps.
Quand ils sont séparés du corps tous les soi sont semblables étant dans la forme de centres d’intelligence.  C’est pourquoi, un yogi éclairé se voit comme demeurant dans tous les êtres et tous les êtres demeurant en lui-même dans le sens qu’il voit les similitudes des soi, en lui-même et en tous les êtres. Quand on visualise le soi, tous les soi sont visualisés à cause de leur similitude. Ceci est confirmé par les déclarations : "Il voit partout l’uniformité " (Bhagavad Gīta: 6.29).
La même pensée est encore rapportée dans, "Ce Yoga de l’égalité qui a été proclamé par vous " (Bhagavad Gīta 6.33)"
Yo mām pashyathi sarvathra sarvam cha mayi pasyathi
tasyāham na pranasyāmi sa cha me na pranasyathi

- Bhagavad Gīta 6.30
Signification: Pour celui qui Me voit dans tous les autres et voit tous les autres en Moi, Je ne suis pas perdu pour lui et il n’est pas perdu pour Moi.
Le Seigneur certifie à Arjuna que quiconque ayant pratiqué le Yoga et qui ensuite s’est éloigné de lui ne sera pas perdu et qu’il reviendra dans sa prochaine naissance dans la maison de nobles et sages yogis. Il fera des efforts pour continuer à partir d’où il s’est arrêté dans vie précédente. Même s’il s’est égaré alors, l’accumulation des mérites acquis dans les naissances précédentes (janmas) le poussera en avant vers le but suprême de la Libération (Moksha).  

 

8)     (A suivre)